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14 octobre 2020
Aperçu des communiqués

Canton de Berne: Quand le profit rapide se transforme en grosse perte

Les escrocs au placement ont volé environ cinq millions de francs depuis le début de l'année dans le canton de Berne. Les auteurs promettent des rendements élevés et des bénéfices rapides sur les prétendues plateformes de commerce sur Internet. Une fois que les investisseurs ont effectué leur premier paiement, les escrocs exercent généralement une pression psychologique massive et les exhortent à augmenter constamment leurs «investissements». La perte subie peut conduire certaines victimes à la ruine.

Une fenêtre publicitaire à l'effigie d'une célèbre star suisse de la musique sur un site qu’on vient d’ouvrir attire immédiatement l'attention: «Une légende de la musique suisse échappe de peu à la faillite et fait ensuite fortune!» Pour un investissement modeste de quelques centaines de francs, le musicien a réalisé un bénéfice rapide. Et tout cela seulement en quelques clics sur une plateforme de transaction sur Internet, «qui permet au citoyen moyen de profiter de la popularité des crypto-monnaies et du boom du Bitcoin». Des rendements à deux chiffres garantis dans les plus brefs délais, la fortune à tous les coups: Qui ne se laisserait pas tenter?

Trop beau pour être vrai

Derrière de tels sites Internet et publicités se cachent la plupart du temps des groupes organisés d'escrocs spécialisés dans la fraude au placement, ou dans ce qui est aussi appelé les «Boiler Room Scam» (voir encadré). Il n'est pas rare que les auteurs exploitent plusieurs sites Web attrayants sur lesquels même les cours des actions peuvent être consultés «en direct», déclare Christa Lüthi, cheffe de la Brigade financière de la Police cantonale bernoise: «Les auteurs font miroiter aux investisseurs des profits et des rendements qui sont trop beaux pour être vrais».

Lorsqu’un investissement initial bas est effectué, comme à trois chiffres en francs ou en euro, il peut sporadiquement arriver que les auteurs distribuent quelques jours plus tard un «bénéfice» à leur victime. Dans des cas isolés, il a été constaté que l’escroc effectue un premier versement à sa victime afin de renforcer sa crédibilité et de la persuader de réaliser des investissements supplémentaires et surtout massivement plus élevés. En règle générale, les escrocs augmentent ensuite la pression; les faux conseillers en placement appellent à des intervalles de plus en plus courts, exhortant à des investissements supplémentaires afin de profiter d'opportunités prétendument favorables ou afin de compenser les pertes. Ce faisant, ils agissent habilement et soumettent leur victime à une forte pression psychologique. «Cela peut amener quelqu'un à payer encore et encore, jusqu'à sa ruine personnelle», explique Christa Lüthi. La Police cantonale bernoise enquête notamment sur des cas dans lesquels des paiements jusqu'à plusieurs centaines de milliers de francs ont été effectués.

 Rien que pour l'année en cours, la Police cantonale bernoise a reçu environ 35 annonces d’escroquerie au placement. Les auteurs ont amassé près de cinq millions de francs. L'expérience a montré que les arnaqueurs opèrent depuis l'étranger. De sorte, les enquêtes sont complexes et longues puisqu’elles doivent être coordonnées au niveau international dans le cadre d'échanges avec d'autres autorités.

Informer, rechercher, consulter les listes noires

«La meilleure protection contre l’arnaque est une saine méfiance», indique Christa Lüthi, abordant les conseils à donner. «Contrôlez à qui vous souhaitez confier vos avoirs. Recherchez sur Internet des informations sur les prestataires et les produits. Même un message d'avertissement ou une critique est déjà un signe d'alerte. Obtenez un deuxième avis et consultez les listes d'avertissement officielles de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la FINMA.»

 D'autres conseils pour se protéger contre l’escroquerie au placement ou pour savoir comment réagir si vous avez déjà subi un préjudice sont disponibles sur le site Internet de la Police cantonale bernoise.

Pourquoi le terme «Boiler Room Scam»?

Le terme «Boiler Room», en français la chambre à chaudière, provient du langage boursier. Il décrit l'ambiance des bureaux de bourse où les courtiers font chauffer les téléphones. Le terme «Boiler Room Scam» en est dérivé, car l'auteur tente d'acquérir par téléphone des personnes disposées à investir dans le négoce de titres et/ou de crypto-monnaies. Les titres ou crypto-monnaies dans lesquels l'argent doit être investi ou utilisé pour les échanges sont généralement disponibles sur le marché réel, mais dans les cas d’escroquerie mentionnés, aucune transaction n’est cependant effectuée. Les personnes concernées perdent tout l'argent qu’elles investissent.

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